𝑨𝒅𝒆𝒍𝒊𝒏𝒆 𝑭𝒓𝒂𝒏𝒄𝒐𝒊𝒔
@a2linefrancois
Mon Jul 15 14:04:16 +0000 2019

[Thread] On cherchait une malle pour ranger des vinyles...on se retrouve avec un trésor inestimable et cette impression qu’il n’y a jamais de hasard dans la vie ......⬇️

Samedi dernier, dans l’improbable capharnaüm d’une brocante d’Eure et Loir, j’avise une grande malle poussiéreuse, exactement à la taille que l’on cherche pour y ranger des vinyles.

Sur la malle, des autocollants de la compagnie maritime
« Transatlantique Le Havre New York » et un nom: James A. Fox».

https://t.co/FUdK6xUfBP

Problème: la malle est fermée et le brocanteur, qui l’a acquise il y a quelques jours, n’a pas la clef. Et la malle n’est pas vide. Le brocanteur voudrait bien la vider avant de la vendre. Il propose de tenter de l’ouvrir en cassant les attaches.

« Si vous la cassez, on ne l’achète pas!». Le brocanteur hésite, puis renonce et accepte de nous vendre la malle fermée avec son contenu mystérieux.

Arrivés à la maison, nous voilà au chevet de notre malle. Comment l’ouvrir sans casser les serrures? Tournevis, épingles à cheveux, pince à épiler...rien n’y fait, les verrous résistent. On se résigne à les dévisser doucement, en se disant qu’on les revissera ensuite.

https://t.co/n22SS88Xhw

La malle s’ouvre dans un grincement d’un autre temps. Il y a deux compartiments l’un sous l’autre. Dans celui du dessus, des chemises blanches impeccablement pliées, un peu jaunies par le temps. Une ceinture de smocking en satin. Un mouchoir brodé aux initiales « J.A. Fox ».

Il y a aussi des bretelles et deux paires de lunettes sans verres, à monture écaille ultra vintage.
Et une chute de tissu, un gros velours côtelé ...

https://t.co/OC1izpH2Df

Et puis un minuscule carnet, un agenda de l’année 1966...est-ce qu’on a le droit d’ouvrir l’agenda d’un inconnu, d’entrer dans sa vie par effraction, après avoir fait sauter les verrous de sa valise? On hésite. https://t.co/BYCcQhgVyT

Je l’ouvre et tombe sur la page du 20 avril... Un rdv avec un certain Mathias de Paris Match ... https://t.co/BNei6N9yR5

Un peu plus loin...le 2 mai....il a noté le jour de son nouveau travail... https://t.co/RQOZ4rhuCy

Dans le compartiment du dessous, une grande pochette cartonnée... https://t.co/AiCH1ne0Z2

Avant de poursuivre, je dois vous dire que je suis une collectionneuse de journaux. Je conserve religieusement, depuis la fac, les journaux et les magazines des grands jours. J’en ai accumulé trois cartons. De la mort de Mitterrand à l’incendie de Notre Dame.

Alors quand je découvre ce que contient la grande chemise en carton, les larmes me montent aux yeux.

https://t.co/klImHgiK7X

Ces journaux ont 50 ans. Ont-ils été ouverts? Ont ils dormi dans cette malle pendant un demi siècle? Ils ont traversé l’Atlantique pour arriver dans cette brocante puis chez nous. Ils paraissent si fragiles que j’ai même peur de les abîmer en les lisant.

Dans la chemise cartonnée, il y a également un magazine sur lequel est encore collée l’adresse du destinataire ... https://t.co/Xd8gSamWVt

C’est donc bien lui. James Alfred Fox était rédacteur en chef de la prestigieuse agence Magnum fondée par Henri Cartier Bresson. Il a commencé à y travailler le 2 mai 1966.

Cette malle, c’est un peu de lui. Un morceau de sa vie. Gardait-il comme moi les journaux des grands jours? Les avait-il gardés pour quelqu’un? A-t-il jamais ouvert cette malle qu’il a envoyée de l’autre côté de l’Atlantique?

La malle n’accueillera pas de vinyles, je vais y transférer mes précieux journaux. Ils côtoieront les journaux du 21 juillet 1969.

Où que vous soyez aujourd’hui Jimmy, soyez certain que je prendrai soin de ces trésors oubliés ou perdus, dans une malle achetée un certain 13 juillet 2019, jour de l’opération « on the moon again » , hommage aux 50 ans de la mission Apollo 11.

Mon Jul 15 14:04:53 +0000 2019